Consommation de cannabis : allier cohérence et prévention pour le bien de la population

22 février 2019

L’AIDQ a déposé un mémoire dans le cadre des consultations particulières et des auditions publiques sur le projet de loi no 2, Loi resserrant l’encadrement du cannabis, qui se déroulaient en février 2019 à Québec. L’Association tenait à apporter un éclairage dans le but d’allier cohérence et prévention pour le bien de la population.

Un message cohérent pour les jeunes

En tant qu’association regroupant divers acteurs du milieu de la dépendance, l’AIDQ se questionne sur la pertinence d’hausser l’âge légal de consommation du cannabis de 18 à 21 ans. Selon l’AIDQ, la meilleure stratégie de lutte aux dépendances repose sur l’information, la prévention et la réduction des méfaits et sur la cohérence des messages. Pour ce faire, il est important de fournir de l’information éclairante et cohérente quant aux risques associés aux substances psychoactives que sont le cannabis, l’alcool et le tabac. Cette cohérence est assurée par le fait que l’âge légal pour consommer de telles substances soit de 18 ans au Québec pour toutes ces substances qui sont pourtant nocives pour la santé. En agissant ainsi, le gouvernement s’assure que les jeunes âgés de 18 à 21 ans, qui sont parmi les plus grands consommateurs de cannabis au pays, aient accès à de l’information éclairante sur les dangers liés à la consommation.

À notre avis, le fait de rehausser l’âge de consommation de 18 à 21 ans n’est pas un facteur déterminant dans le fait de consommer ou non du cannabis, mais bien un moyen de contraindre cette population à se procurer la substance auprès du crime organisé qui continue à vendre du cannabis illégal. De plus, nous craignons que les messages de prévention ratent la cible en s’adressant exclusivement aux 21 ans et plus.

Un enjeu de santé publique

L’AIDQ est d’avis que le projet de loi no 2 comporte un second élément qui va à l’encontre des meilleures pratiques de santé publique et de réduction des méfaits, soit l’interdiction de consommer dans les lieux publics.

Cette disposition va à l’encontre des données probantes concernant la réduction des méfaits liés au tabac. En effet, en prenant en compte de la nature de la consommation du cannabis qui se fait par le moyen de combustion, l’AIDQ est d’avis que l’interdiction de sa consommation dans les lieux publics engendrera des effets négatifs liés à la santé en incitant les gens à le consommer dans un espace clos. De plus, nous croyons que certaines populations pourraient être fragilisées quant à cette disposition. En effet, des personnes en situation d’itinérance ou qui fréquentent des centres de traitement des dépendances pourraient se retrouver judiciarisées en raison de leur consommation de cannabis si celles-ci se trouvent interdites sur la voie publique.

Cliquez pour consulter le mémoire de l’AIDQ.