Réduction des méfaits

Qu’est-ce que c’est?

La réduction des méfaits liés aux drogues est une approche axée sur le pragmatisme et l’humanisme. Elle est appliquée actuellement dans plusieurs sphères de la santé et des services sociaux et par des organismes communautaires oeuvrant auprès des personnes qui font usage de drogues.

Le pragmatisme qui sous-tend cette approche permet de ne pas viser essentiellement l’absence de consommation de substances pour intervenir auprès de personnes qui en font l’usage.

L’humanisme de cette approche permet de tenir compte davantage de la qualité de vie des personnes plutôt que de la consommation de substances comme tel.

Cette approche vise la diminution des conséquences néfastes (méfaits) liées à l’usage de drogues tant licites (alcool, médicaments, etc.) qu’illicites (marijuana, cocaïne, etc.).

Les méfaits touchent non seulement la personne concernée, mais aussi son entourage et la communauté. Par conséquent, l’approche de réduction des méfaits tente d’atténuer les répercussions négatives associées à la consommation. Elle ne donne pas le feu vert à la consommation de drogues, mais aide à mieux gérer celle-ci lorsque la personne n’envisage pas l’arrêt.

L’approche de réduction des méfaits ne cherche pas d’emblée à réduire ou à éliminer l’usage de drogues. L’objectif de cette approche n’est pas l’abstinence de toute substance; elle prône plutôt une série d’objectifs hiérarchisés visant à régler les problèmes les plus urgents d’abord (par exemple, la stabilisation de l’état de santé, la recherche d’un logement, etc.). Ceci permet de rejoindre les personnes les plus vulnérables et permet d’établir un lien de confiance qui peut faire toute la différence.

Cette approche tente de cadrer l’usage de drogues de manière à éviter l’aggravation des problèmes. L’approche de réduction des méfaits habilite les personnes qui font usage de drogues à mieux se protéger et leur donne la possibilité de choisir un changement de comportement en l’absence d’infections ou de maladies chroniques et autres méfaits affectifs, sociaux ou économiques liés à la consommation.

La réduction des méfaits est évidemment une approche qui tient compte des réalités de l’usage des drogues. Des exemples typiques seraient l’Opération Nez Rouge, les timbres de nicotine et la prescription de la méthadone.

FAQ

Question : Est-ce que l’approche de réduction des méfaits encourage la consommation de drogues?
Réponse : Non. Elle vise davantage à donner des « outils » aux consommateurs de drogues sans juger leur choix. Il revient à la personne de décider : l’abstinence ou un changement de comportement dans sa consommation sont des options pouvant être envisagées. Toutefois, l’approche se veut respectueuse de la décision de chacun.

Question : Est-ce que l’approche de réduction des méfaits et la réadaptation des personnes toxicomanes peuvent aller de pair?
Réponse : Oui. La réduction des méfaits est bien implantée dans de nombreux milieux du réseau de la santé et des services sociaux ainsi qu’au sein d’organismes communautaires. La réduction des méfaits est souvent la porte d’entrée pour rejoindre une clientèle vulnérable (ex : programme de maintien à la méthadone, programme d’échange de seringues). Lorsqu’un lien de confiance s’est établi, l’individu pourrait souhaiter obtenir des services de nature différente (ex : thérapie ou réinsertion sociale). Toutefois, l’arrêt de consommation n’est pas une finalité en soi dans ce cadre.

Question : Est-ce que l’approche de réduction des méfaits a des objectifs précis à atteindre?
Réponse : Oui. La réduction des méfaits offre une panoplie d’objectifs jugés réalistes. Il s’agit d’une hiérarchie qui s’adapte aux besoins et attentes des consommateurs de drogues. Par exemple, pour certaines personnes, le but sera de consommer de façon sécuritaire; pour d’autres, il s’agira de modifier graduellement leurs comportements, non seulement en lien avec la consommation, mais également dans leur vie en général.

Question : Est-ce que l’approche de réduction des méfaits est en désaccord avec les approches d’abstinence totale?
Réponse : Non. La réduction des méfaits inclut les approches d’abstinence, mais ne considère pas l’abstinence comme seule façon d’améliorer la situation d’une personne face à un problème de toxicomanie.

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